Le renseignement pénitentiaire est devenu en quelques années un service à part entière de la communauté du renseignement français, et une filière de carrière pour les surveillants observateurs et discrets.
Missions
Le service national du renseignement pénitentiaire (SNRP) et ses délégations interrégionales et locales détectent et suivent en détention et en milieu ouvert les phénomènes de radicalisation violente, de criminalité organisée, les projets d'évasion, les trafics, les atteintes à la sécurité des établissements et des personnels. Ils recueillent les observations des surveillants, exploitent les communications autorisées, les parloirs, les fichiers, et transmettent aux autres services de renseignement et aux magistrats. Ils alimentent aussi les quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER) et les quartiers de prise en charge de la radicalisation (QPR), où des équipes pluridisciplinaires évaluent et accompagnent les détenus concernés.
Le rôle de chaque surveillant
Avant toute spécialisation, chaque surveillant est un capteur : signaler un changement de comportement, un regroupement inhabituel, une pression exercée sur un codétenu, c'est déjà faire du renseignement. Les surveillants affectés aux QER et QPR reçoivent une formation spécifique à l'observation et à l'entretien.
Rejoindre la filière
Les délégués locaux et interrégionaux au renseignement pénitentiaire et les analystes sont recrutés parmi les personnels expérimentés, après enquête d'habilitation et formation à l'Académie du renseignement et en interne. Travail en civil, horaires de bureau avec astreintes, exigence de discrétion absolue, et une coopération quotidienne avec la DGSI, le renseignement territorial et la police judiciaire. Une voie exigeante intellectuellement, appréciée des surveillants qui souhaitent évoluer hors de la détention sans quitter leur métier.